Pilotage & tableau de bord

Productions subventionnées et commerciales

Une œuvre aidée se pilote par son coût de référence, un film de commande par sa marge. Deux économies qui ont produit deux familles de productions — la suite Xotis d'un côté, AlphA de l'autre. maG dialogue avec les deux.

Par Marguerite Blank·28 août 2026·9 min de lecture

« Société de production » recouvre des métiers dont l'économie diffère du tout au tout. Un long métrage d'auteur et un film publicitaire mobilisent les mêmes équipes, les mêmes prestataires et le même savoir-faire de plateau. Ce qui les sépare, c'est la question à laquelle la gestion doit répondre.

Pour l'œuvre aidée : ai-je dépensé conformément à ce que j'ai déclaré, et comment en justifier rapidement ? Pour la commande : quelle est ma marge ? Deux questions, deux façons de tenir un budget.

Les œuvres soutenues par la création

Elles ont en commun un plan de financement multi-guichets, un coût de référence déposé, et un rendu de comptes en fin de parcours.

FictionLong métrage de cinéma, film d'auteur, téléfilm unitaire, court métrage. Matrice CNC, crédit d'impôt, avance sur recettes, aides régionales.
SérieSérie de fiction, feuilleton, format court. Un budget par saison, souvent par épisode, avec un diffuseur ou une plateforme de diffusion attaché dès l'origine.
DocumentaireDocumentaire de création, unitaire ou série, documentaire musical, film d'archives. Beaucoup de guichets pour des montants unitaires plus faibles — donc beaucoup de dossiers à justifier.
AnimationLong métrage, série, spécial. Des cycles longs, des coproductions internationales fréquentes, et une répartition des dépenses par pays selon les clés du traité.
Spectacle et captationCréation scénique, tournée, captation de spectacle vivant, concert filmé. Financements DRAC et régions, cachets d'intermittents, droits d'auteur à reverser.
Création numériqueŒuvre immersive, expérience XR, web-série, jeu vidéo narratif. Des fonds dédiés, des jalons de production propres, et un vocabulaire budgétaire encore mouvant.

Ce que la gestion doit produire sur ces projets tient en trois mots : traçabilité, éligibilité, justification. Pour chaque dépense, quatre informations doivent être lisibles : le poste du devis déposé auquel elle se rattache, la région où elle a été réalisée, son éligibilité à l'assiette du crédit d'impôt, et la pièce qui la justifie. Cette information se pose à l'arrivée de la facture, ou se reconstitue à la fin — et la reconstitution coûte des semaines.

Les productions de commande

Ici, un client commande, un devis est accepté, une facture est émise. Pas de guichet, pas de rendu de comptes — mais une marge à défendre, sur des délais souvent très courts.

PublicitéFilm publicitaire, déclinaisons, formats sociaux. Un devis validé par l'agence et l'annonceur, des avenants fréquents, et une rentabilité qui se joue sur quelques jours de tournage.
Brand contentContenus de marque, séries digitales, podcasts vidéo. Des volumes importants de petits projets, où le suivi doit être léger sans cesser d'être exact.
InstitutionnelFilm d'entreprise, film de marque employeur, captation de séminaire. Un client unique, un cahier des charges, une facturation par jalons.
Clip et captationClip musical, captation de concert ou d'événement, live multicaméras. Des équipes resserrées, des locations lourdes, une logistique dense sur peu de jours.
Prestation techniquePost-production, effets visuels, sous-titrage, régie pour le compte d'un autre producteur. Une activité de service, facturée au projet ou à la journée.
ExploitationDistribution, salles, édition vidéo et VOD, ventes internationales, gestion de catalogue. Des recettes à suivre et des ayants droit à rémunérer, longtemps après la livraison.

Le pilotage attendu change de nature. Ce qui compte est le devis client contre le réalisé, la marge par projet, et l'état de la facturation : ce qui est facturé, ce qui reste à facturer, ce qui est encaissé. Les axes d'éligibilité et de région, indispensables plus haut, ne servent à rien ici.

Deux familles d'outils, longtemps séparées

Cette différence d'économie a produit, au fil des années, deux écosystèmes logiciels distincts. Chacun s'est construit autour d'une pratique, et chacun l'a servie très correctement — chacun de son côté.

Côté œuvres aidées La suite Xotis Louma pour la comptabilité, Studio pour la paie des intermittents, Media pour les bons de commande. Des outils bâtis autour du coût de référence, du rendu de comptes et de la convention collective — le vocabulaire des guichets.
Côté commande AlphA Le devis chiffré au plus juste, l'avenant, la marge par affaire. Un outil pensé pour la négociation commerciale et pour des cycles courts, où l'écart entre le devis vendu et le réalisé fait le résultat.

Un groupe de sociétés qui fait les deux se retrouve donc avec deux chaînes parallèles : deux façons de chiffrer, deux façons de suivre, deux endroits où lire un chiffre.

maG parle aux deux

C'est précisément le point de départ de maG : dialoguer avec les deux familles plutôt que d'en choisir une. Vos outils restent en place, et le circuit financier se tient au même endroit.

Les devis entrent des deux côtésMatrice CNC, Eurimages, MMB, celle d'une plateforme de diffusion, AlphA 360, Movie Magic, Peplum, Outlookmovie ou la vôtre : le budget s'importe dans sa structure d'origine, et le réalisé ressort au même format.
La paie reste chez son éditeurStudio, AlphA, Spaiectacle, Movinmotion : maG reçoit les écritures de paie et les incorpore aux lignes du budget de chaque projet, quelle que soit la nature de la production.
Les écritures partent au bon formatLouma, Sage, Pennylane ou un autre : les écritures Film et Société s'exportent avec leurs axes analytiques, prêtes pour le logiciel qui tient les comptes de la société.
Un seul tableau de bord au boutAu sein d'une même société, les projets aidés et les projets de commande alimentent le même circuit de dépenses et se lisent sur le même tableau de bord. Chacun garde ses indicateurs — l'engagé face au financé d'un côté, la marge de l'autre.

Le paramétrage suit le projet

La logique de pilotage se choisit à l'ouverture du projet. Un projet aidé s'ouvre avec sa matrice, ses axes d'éligibilité et son plan de financement. Un projet de commande s'ouvre avec son devis client et sa lecture en marge. Les circuits de validation arrivent déjà en place pour chaque type.

Le plus souvent, d'ailleurs, ces deux activités ne cohabitent pas dans la même entité : un groupe abrite la fiction aidée dans une société, la publicité dans une autre, et parfois la distribution, l'exploitation ou une SCI dans une troisième. Chacune a sa comptabilité, son exercice, son expert-comptable — et c'est très bien ainsi.

Ce que maG apporte à ce montage, c'est l'uniformité en amont : les mêmes matrices, le même outil, la même méthode de pilotage d'une société à l'autre. Les équipes qui passent d'un projet aidé à une campagne retrouvent les mêmes gestes, et il suffit d'un clic pour changer de société.

C'est ce qui permet de répondre à la question du dirigeant, celle qui ne distingue pas les genres : où en est chaque projet de la société, et que pèsent-ils tous réunis ?

Voir les deux logiques sur vos propres projets

Une démonstration sur un projet aidé ou sur un projet de commande, selon ce qui vous concerne : la matrice, les axes analytiques, la marge, et la vue d'ensemble de la société.

Prendre rendez-vous

Pour aller plus loin : le plan de financement d'un film, holding, distributeur, exploitant, SCI, maG pour l'audiovisuel et le cinéma et voir le coût réel d'un projet.